Ensuite tout va aller très vite.
Les slaves ont la particularité bien spécifique dans le monde des affaires : ils ne bronchent pas le temps de prendre leur marques… Mais quand ils décident de bouger, c’est comme s’ils montaient sur leur destrier blanc pour conquérir le monde une fois le plan de bataille établi… Et si votre plan de bataille affichait un résultat d’une équation que vous avez mal calculé dès le départ, c’est une accumulation d’erreurs impardonnables qui risquent de vous amener à la chute !
La première étant bien évidement la plus grave : celle d’ouvrir une société avec des faux papiers. Certes vous me direz que les personnes morales, actionnaires suisse et luxembourgeois de la société française existent bel et bien. Mais c’est le gérant qui ouvre les comptes dans des banques françaises, chez les brokers londoniens en vue des transactions financières et qui signe tous les contrats…Bref qui représente la société en long, en large et en travers…. Qui est responsable avant qu’on ne lui donne quitus.
C'est-à-dire que non seulement après avoir réussi à berner l’administration française, vous vous attaquez aux institutions financières détenant une licence pour gérer des fonds et qui vous font confiance et vous soutienne dans votre petite « entreprise »… c’est votre seconde erreur…
La troisième est celle d’ouvrir une ligne de crédit de 1 Million depuis la Suisse pour financer l’installation. Facile à faire, le code monétaire et financier l’autorise dans la mesure où l’actionnaire détient 75% des parts. Mais il n’en prendra que 300 000 avant de clôturer cette opération par un acte de révision des obligations et compenser cette dette par des prestations de services bidons, ce qui équilibrera votre bilan en fin d’année…. Astucieux… Vous ne croyez pas ?
Quatrième erreur : la société a besoin d’une activité. Vous choisissez l’analyse financière. Il a besoin de matériel financier pour cela bien évidemment : une plateforme Bloomberg, des accès aux bases de donnés des banques ou établissement agrées par l’AMF et bien évidement du personnel pour collecter les informations. Rien de plus simple. Il a déjà son assistant qui gère ses fonds depuis les zones off-shore. Pourquoi ne pas établir un contrat de prestation de services faisant jouer l’article 259 B du code général des impôts en vue de récupérer en plus le crédit de TVA…. Cinquième erreur !
Comme au début la société n’a pas vraiment de charges importantes on fait un petit 70 000 € par trimestre… Les charges augmenteront, le personnel arrivera au fur et à mesure… rien de plus simple que de faire un avenant et de passer à 40k€ par mois…
Le comble, l’ironie du sort c’est qu’en plus il a un « homme de paille » qui baragouine à peine trois mots de français et qui à chaque contact avec les banques, les prestataires, fait peur à chaque fois qu’il ouvre la bouche. Incapable d’expliquer l’activité de la société et l’origine des fonds. Alors les comptes sont dénoncés au fur et à mesure. Sixième erreur.
La septième est celle de laisser finalement la gérance administrative à son cousin, danger public numéro un pour votre structure, qui engage un escroc comme comptable, déclaré sur aucun registre de l’ordre des comptables. Et qui le jour de la première déclaration de la demande du crédit de TVA dénonce involontairement son contrat de consulting, sa ligne de crédit qui coutera un contrôle fiscal deux ans plus tard !
La cerise sur le gâteau, la brigade financière s’en mêlera.
Enfin la petite goute qui fera le vase déborder c’est que le gérant tape un peu dans la caisse et fait un tout petit peu d’abus de bien sociaux…. Pas énorme… il offre le Lido à sa fille pour l’anniversaire, encaisse quelques chèques au passage au nom de sa fille…. Et l’ironie du sort veut que ce soit son frère jumeau clandestin qui le balance…
Mais on peut comprendre notre Oligarque… il ne peut pas être partout… Il commandite son homme de paille, le temps d’obtenir son statut et par conséquent le droit à la gérance…
En attendant, il lui fallait une solution avant que cela dégénère plus…
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