Oligarque : mode d'emploi

Pamphlet sur un Oligarque d'origine russe, arrivé en France et qui au fur et à mesure, par bêtises, va perdre ses privilèges...

samedi 27 février 2010

11. Turbulences.

Il y a des choses qu’un Oligarque vous dira… et d’autre que vous ne saurez jamais…. A moins d’une découverte faite dans un cas de force majeure. Au fond, vous avez beau être la personne la plus proche vous ne saurez que ce qu’on vous dira… Je pense que c’est pas une règle qui s’applique seulement aux Oligarques mais à tout le monde.

Mais il y a un paradoxe. Vous pouvez éviter de parler de vos problèmes personnels, vos problèmes de santé, mais en aucun cas dans les affaires ou dans l’éthique professionnelle et ses divers montages financiers surtout lorsque vous êtes qualifié par le statut de personne sensible aux yeux des services spéciaux en France.

L’amitié, c’est une chose sacré. On a des relations, des connaissances... Mais être amis, c’est quand on peut dire qu’on a mangé une demi tonne de sel ensemble. Je sais que ce n’est pas notre cas de figure, et que l’amitié entre l’Oligarque et moi n’est est pas véritablement une. Alors c’est quoi ? Je l’ignore… Savez-vous vous comporter en ami ? Savez-vous secourir votre ami lorsqu’il est dans le besoin qui n’est pas forcément financier ?

Avril 2006. L’oligarque et son cousin « clandestin », fiché au FPR, descendent ensemble passer un long weekend sur la côte. Je leur loue une BMW série 5 pour qu’ils puissent circuler sur la Riviera tranquillement. Je descends avec eux mais passe un moment avec mon ex-femme et mes deux bambins à Mandelieu. Eux, ils se sont installés à la Napoule à la recherche de l’acquisition d’un projet immobilier. Il descend avec son cousin, car celui là a su s’adapter à ses caprices sportifs : tennis, natation, parties d’échecs. Et puis il est moins barbare que l’autre, plus ouvert d’esprit, toujours à son écoute. Celui qui boit ses belles paroles…sur la vie, sur l’éducation de ses enfants, sur le comportement qu’il doit avoir avec sa femme… je vais peut-être exagérer, mais il va même être de bon conseil comment entretenir la forme pour tenir la cadence et se montrer très performant au lit…. C’est aussi ça un Oligarque, le docteur de tous vos problèmes, même les plus intimes, le psychologue, le diététicien…

Les voilà, après une belle journée à avoir couru derrière une balle jaune, décident d’aller manger un morceau sur la Croisette et garent leur voiture dans un parking public sous terrain. L’Oligarque n’est pas habillé à la mode, mais il passe pour une personne classique : jean, petites chaussures sportives à la mode, une chemise à carreaux façon bucheron du Canada et un blouson en cuir de chez Marlboro Classics. Notre Oligarque porte aussi un petit sac en bandoulière avec son agenda et ses cartes de crédit pour éviter de déformer les poches… Son cousin, habillé en tenue de sport : survêtement et blouson avec un capuche. Apparemment l’Oligarque n’a pas eu le temps de donner un cours à son cousin sur la tenue vestimentaire… ou tout simplement peut-être que lui à eu le temps de se changer et l’autre non… allez savoir toutes les probabilités sont possibles.

Et les voilà! Sortir de la voiture. L’Oligarque est méfiant. Il jette des coup d’œil à droite, à gauche. L’autre marchant comme un vulgaire bandit, la capuche sur la tête… A ce moment là devant eux est garée une voiture banalisée avec quatre lascars dedans… L’Oligarque les regarde, s’en méfie mais pas plus. D’un seul coup, ils sortent de la voiture et se présentent à eux comme de hommes des forces de l’ordre pour un contrôle d’identité. L’un ne parlant pas la langue, l’autre barbotant quelques mots de français avec son accent russe, imaginez le tableau… Le réflexe de l’un est d’appeler vite son super avocat, l’autre essaie de téléphoner aussi… mais à qui ?

Le contrôle d’identité bascule… L’Oligarque est fouillé a corps et on lui passe les menottes… Puis arrivé au commissariat de Cannes on retrouve dans sa fouille 6 cartes de crédit de banques étrangères à des noms complètement différents. Le cousin… on l’oublie provisoirement, le temps de faire une recherche d’identité de son passeport…

Le policier décide de faire un vérification auprès de MasterCard : il téléphone au service hotline aux USA, se présente comme étant un homme des forces de l’ordre, explique, du moins essaie d’expliquer avec son anglais qu’il avait laissé tombé en 3e, qu’il est en possession de cartes de crédit qui ne sont pas au nom de la personne qui les porte… L’opérateur répond de confisquer les cartes avant de les déclarer volés… ce qui est logique.

On appelle un interprète. Il vient. On pose la question à l’Oligarque d’où il détient toutes ces cartes de crédits qui sont placés sous scellés. Il répond.

- « je les avais trouvé dans la rue… j’allais les restituer à la police ! »

En principe lorsqu’un policier entend ça… pour lui il n’y a pas de doutes. A ce moment là, vous avez beau être riche et célèbre, la seule chose qu’il ne faut jamais faire : c’est de prendre des enquêteurs pour des cons et des cancres qui ont séché l’école… Ici les flics ont plus de deux neurones… L’ironie du sort dans cette histoire c’est que le traducteur met son grain de sable et au lieu de traduire mot pour mot ce que l’on lui demande, il comment donne son point de vue, la mafia, leur méthodes… il suggère…

Enfin la cerise sur le gâteau : l’identité du cousin clandestin ressort : fiché au FPR par le procureur de Versailles pour ne pas s’être présenté à la récupération des ses faux papiers.

Pour la police c’est une belle affaire… Pour nos compères, c’est un cauchemar ! Alors on les transfère à la caserne d’Evrard à Nice, à la brigade financière. Ici ils n’ont pas la compétence pour ce genre d’affaire. On évite d’informer le journaliste, car l’Oligarque est inscrit au Fichier des Brigades Spéciales…. Celle de la DST… La procédure est lancé, on ne peut plus faire marche arrière !

Dimanche. Je me fais déposer sur le quai de la gare de Cannes pour le train pour Paris. Je les attends… personne. Je décide finalement de monter dans le train en essuyant pour la 13e fois les répondeurs de l’Oligarque et son cousin… Rien !

Il a dû se passer quelque chose. Ce n’est pas normal. Je commence à téléphoner à son super avocat, qui me balance tout par téléphone. Il venait de se faire arrêter mais ne me donne pas la raison. Il est à Moscou et ne peut pas sera là que dans quatre jours seulement. Il envoie sons substitut. J’appelle le substitut qui est déjà en route pour Nice et qui l’assistera dans la soirée…

De toute manière, quoi qu’il arrive, quoi qu’il ait pu dire… il fallait nettoyer toutes traces de tout ce qui pourra mettre en péril son statut de réfugié fraichement obtenu.

Je téléphone à un ami à Genève pour lui demander de venir de toute urgence. L’ami en question est la source de nos présentations. Lui il s’occupe de gérer la filiale suisse contrôlé par le frère de l’Oligarque. Il perds pas de temps, il sera à Paris en 5 heures. Le temps que le train remonte, je passe quelques coup de fil histoire de…. Faire mon boulot d’ami. Je mets aussi les familles au vert. Je demande même au cousin barbare, celui qui a encore sont statut officiel de gérant de ne pas y mettre les pieds le temps de tout nettoyer et attendre que l’orage passe.

J’arrive enfin à la gare de Lyon, direction la société. J’appelle un autre ami, s’avère être aussi l’ami de mon ami en suisse… il faut stocker tous les dossiers qui n’ont aucun rapport avec la société. On proclame le lundi comme étant un jour férié, pour que les employés évitent de nous poser les mauvaises questions. Je demande au gérant, pour la bonne cause de ne pas mettre les pieds dans la société une fois de plus. Il rédige une note interne qu’il part en mission à l’étranger et que c’est moi qui va en prendre les relais. Je lui demande de laisser la carte de crédit, la voiture, le chéquier… ca le fait chier, mais il finalement il cède.

On y passe tout une partie de la nuit. On vire des lieux tout ce qui n’est pas ou qui n’a aucun rapport avec les sociétés. On écrit dans la précipitation des nouveaux contrats de consulting, bidons eux aussi pour rallier les sociétés françaises entre elle.

Auteur

Bilbao, Spain
C'est cette putain de question existentielle que l'on se pose tous un jour!!! Et pour ne pas se retrouver en face d'une page blanche, on essaie.... Du moins on brode, on bricole, on bidouille, on cherche à se rajouter de la plus-value, un concentré de quelque chose qui attirera le lecteur dans les filets de la séduction de cette présentation qui vous semblera hors norme... Qui suis-je ? Un perturbateur, un outsider... celui qui reste atypique.... quelques grammes de finesse dans ce monde de brute... un perfectionniste... un écrivain avec un style un peu trash... n'ayant pas peur des mots... Un "magico"... Par moment je me sens comme un cosmonaute qui a atterrit un peu brusquement parmi vous, les humains !! J'ai mes limites, ma morale et mon sens de l'éthique Que suis-je ? Une machine à écrire des textes... mes textes... mes rêves... mes envies et mes angoisses... et surtout mes délires !!!!